



« La Serva Padrona (La Servante maîtresse) est l’autre chef-d’œuvre de Pergolèse. Contrepoint profane du Stabat Mater, il est, lui, matière à scandale – et plutôt deux fois qu’une.
Au plan musical : à l’origine simple intermède, cet opéra bouffa provoque la fameuse Querelle des Bouffons à l’Opéra de Paris en 1752 – et s’impose comme un joyau du baroque.
Au plan théâtral surtout. Des comédies latines à Molière, si le serviteur se venge de la domination du maître par l’insolence, il reste au final confiné à sa classe inférieure – cf. Scapin. Avec Marivaux, l’inversion maître-esclave ne dure que le temps d’une expérience – celui du spectacle (L’Île des esclaves). Avec Figaro, le valet prend la scène – il contre le désir du maître. Après la Révolution, le laquais prend le pouvoir – il devient premier ministre (Ruy Blas).
La Serva échappe à tous ces schémas. Ni conservatisme antique ou classique, avec maintien du système de domination une fois passée la transgression théâtrale. Ni carnaval médiéval ou expérience « éclairée », avec défoulement social par inversion provisoire des classes. Ni renversement révolutionnaire, où les derniers deviennent les premiers et les premiers, les derniers.
La Serva est ailleurs. Là, si la servante devient maîtresse, le maître reste maître – plus de serviteur donc. Une utopie, vraiment ? En tout cas, un jeu jubilatoire où, dans l’ordre social, le désir s’invite en pirate. Voilà qui sent le soufre… »
Avec Diane Fourès (soprano), Laurent Arcaro
(baryton), Jacques Martial (comédien)
et les musiciens de l'Open Chamber Orchestra :
Violons 1 : Vinh Pham, violon solo ; Gabriele Slizyte ; Yoomi Kim
Violons 2 : Henri Gouton, chef d'attaque ; Gabriela Gloanec ; Claire Lagarde
Altos : Teodor Coman, alto solo ; Nicolas Galière
Violoncelles : Jordan Costard, violoncelle solo ; Julianna David
Contrebasse : Léa Guilbert Lejeune
Chorégraphie : Maxime Thomas
Chef de chant et clavecin : Xinhui Wang
Assistanat à la mise en scène Raphaël Joly,
Production Characteres et L'Open Chamber Orchestra
