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Songs

Traduction  Gérald Garutti

Les Songs, ce sont d’abord un manifeste pour une « certaine musique », voulue par Brecht, lorsqu’il rencontre Kurt Weill, en 1927. En un temps peu propice à l’érection d’une musique telle que le jazz, Brech et Weill élaborent ce qu’ils nommeront « Songspiel », par opposition au « Singspiel » de l’opéra allemand, et créent les chansons (Songs) qui donneront leur forme au Petit Mahagonny (1927) comme à L’Opéra de quat’sous (1928), et se perpétueront dans un style brechtien après l’exil de Weill aux Etats-Unis, en 1933.

Curieusement Paul Dessau qui a composé la musique de plusieurs des grandes œuvres de Brecht – Mère Courage et ses enfants, Le Cercle de craie caucasien, La Bonne Âme de Sé-Tchouan, Maître Puntilla et son valet Matti – est resté un compositeur méconnu. On ne retient de Brecht que sa collaboration avec Weill et, dans une moindre mesure, avec Eisler. La musique de Paul Dessau, qui leur a succédé à partir dès années 30, est sans doute moins immédiatement séduisante et surtout moins immédiatement identifiable tant elle est traversée par de multilples influences, chansons populaires, Bach, la musique yiddish, Schoenberg et le dodécaphonismes, et par son engagement politique dur et profond. Aimer la musique de Mère Courage, c'est aimer la difficulté de son écriture, son apreté, c'est avoir l'envie de partager ce chant-là, cette musique-là, cet engagement-là, sa malice, son ironie, sa douleur.

Mais au coeur de ce spectacle, c’est encore Brecht qui s’exprime, des années folles qu’il eut, les années 20, en passant par la « révélation marxiste » de la décennie suivante, jusqu’aux années 40 et la nouvelle marche que se fixe le dramaturge : un véritable art de la guerre, où le militantisme apparaît aussi comme une esthétique. Ce tour de chant fait au fond résonner une vie et une vision, une œuvre et une voix – avec, en basse continue, l’Histoire : celles de Bertolt Brecht.

photo tirée du spectacle Songs mis en scène par Christian Schiaretti, 2008, TNP.

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